Parce que nous le valons bien !

BerlitzUne semaine de cours intensifs d’anglais en tête à tête, en formule « one to one » : ça me faisait tout simplement flipper à mort. Du coup, j’avais retardé le plus possible la prise de rendez-vous, puis commencé à me préparer à l’inéluctable (mon ancienne entreprise avait payé une petite fortune pour m’en faire bénéficier) en programmant un petit cours par semaine.

Je vécus le premier de la série comme un véritable cauchemar, tellement je me sentais mal à l’aise, pas à ma place, tendue, à la défensive. Que me voulait-il vraiment cet homme, avec ses questions idiotes, auxquelles je n’arrivais à répondre qu’à force d’efforts de mémoire et de concentration ? (Que faisiez-vous hier à cette heure-ci ? Combien de repas avez-vous pris la semaine dernière ? Maintenant demandez-moi la même chose…) Voulait-il pointer simplement mes petites erreurs d’anglais pour s’amuser ou m’humilier carrément en mettant en évidence les défaillances de ma mémoire ?

Inéluctablement toujours, le rythme a augmenté : deux cours par semaine, puis trois, jusqu’à ce que la deuxième semaine des vacances de Pâques arrive enfin. Les enfants partis chez leur père, je me retrouvais seule comme un chien. Enfin, pas exactement, car une meute de profs, mâles et femelles, a commencé à défiler sous mes yeux : 45 minutes par ci, 1 h 30 par là avec, de temps en temps, une séance d’exercices sur ordinateur.

De cette semaine de cinq jours (avec 6 heures de cours par jour !), je ne peux m’empêcher de dire qu’elle fut éprouvante. Mais elle aura également été tout autant enrichissante. En plus de faire évoluer mon niveau d’anglais de façon significative, elle aura constitué un véritable entraînement pour ma capacité à sociabiliser. Ces êtres aux contours flous sont peu à peu devenus d’agréables personnes, des partenaires de jeu… Je dirais même que des liens d’amitié auraient pu se tisser, si ça n’avait finalement pas été si court !

Et ce que j’ai pu courir ! A l’heure du déjeuner, dès que le dernier prof de la matinée me libérait, je filais prendre un train, puis un bus, pour profiter du peu de temps qui me restait à la maison. Quel plaisir que d’avaler à toute allure un petit sandwich en terrain connu, avant de repartir en sens inverse pour être à l’heure au premier cours de l’après-midi.

Le soir, le cerveau en compote, c’est mon ventre que je remplissais comme il fallait, prenant pour excuse l’énorme quantité d’énergie dépensée à me concentrer sur tous ces mots nouveaux, entendus, déchiffrés et compris tant bien que mal, malgré la grande diversité d’accents à laquelle on me confrontait.

Maintenant que c’est fini, un grand vide m’envahit. Je vais devoir le combler de ma simple vie normale (cours à la fac… ménage dans l’appartement… rôle de mère auprès des enfants… etc.). Quant à mon estomac, il va devoir se contenter de l’austérité de mon pseudo régime… Pas question que ma courbe de poids reparte dans l’autre sens ! La connaissance accumulée ne doit être détectable qu’avec des oreilles.

Cependant, cette aventure doit continuer. J’en suis déjà au 3e chapitre d’un livre d’Agatha Christie, que je lis en v.o., of course. Je connais maintenant la méthode pour écouter en anglais les séries américaines enregistrées sur ma freebox. La BBC se tient toujours prête à diffuser de passionnantes émissions sur mon ordinateur. On m’a transmis une longue liste de sites anglophones à explorer. J’ai fait l’acquisition d’un nouveau dictionnaire English-English, plein de couleurs et accompagné d’un cd audio. J’apprends à utiliser un nouveau logiciel pour accéder facilement à des articles de journaux en anglais et les copier sur mon e-reader… Sans oublier les quelques heures de cours à la carte qu’il me reste à prendre. De quoi continuer à nourrir mon avidité pour la langue de Russell Crowe (… what did you expect? un petit « what else? »), ma troisième, que j’aimerais tellement arriver à maîtriser un jour à la hauteur des deux autres !

Mais le plus surprenant de cette expérience, c’est l’envie qu’elle a suscité en moi de redonner à l’espagnol la place qu’il n’aurait jamais dû perdre. Je songe à afficher, dans mon entrée, un panneau qui dirait : « Aquí se habla español. (Or English, if the worst comes to the worst.) On adore le français bien sûr, mais on n’entend que ça aux alentours. Asi que aquí, por favor, a sentirse como en casa, que en casa estamos. »

Ces 30 heures d’échanges, d’efforts et de rigolades m’ont finalement tellement plu, que je ne me vois plus priver mes enfants du bonheur d’être « fluent » dans une autre langue.

Je leur dois bien ça. Car ils le méritent. Et moi aussi !

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A propos auxecrires

Femme, mère de 2 enfants, quadra, habitant en région parisienne...
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2 commentaires pour Parce que nous le valons bien !

  1. Yola dit :

    Ce doit être un tel bonheur de parler plusieurs langues. J’aimerais vraiment me remettre à l’anglais (en espagnol je suis vraiment trop nulle, surtout à l’oral), il me manque juste du temps. Mais qui sait, un jour… En tout vas, bravo.

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