Allo ?! Quand sommes-nous ?

téléphone portableAutant j’ai découvert Internet très tôt, vers 1991, autant le téléphone portable… je ne l’ai toujours pas adopté à 100 %. Peut-être faudrait-il que je me décide à en acheter un, un jour, qui puisse se connecter à Internet justement, pour provoquer le déclic… En attendant, je me trimbale un vieux modèle qui assure le service minimum dont j’ai besoin, à savoir pouvoir passer un petit coup de fil de temps en temps ou envoyer un sms si besoin. Certains voudraient qu’il serve aussi à me garder joignable et ils m’en veulent dès qu’ils constatent que je ne décroche que très rarement. Mais je ne le fais pas exprès ! Ce n’est pas ma faute si je ne l’entends pas sonner ! 😉 Pourtant, je préviens systématiquement tous ceux à qui je communique mon numéro que le répondeur de mon portable n’est pas le meilleur endroit où me laisser un message puisque ce téléphone dort dans mon sac à mains à longueur de journée et que je ne le consulte pas régulièrement. Je ne vais quand même pas mettre cette antiquité dans ma poche pour qu’il me suive partout comme un gentil toutou ! Quand on n’aime les mascottes que de loin, on les garde sagement à distance !
Cependant, ce jour là, il m’avait accompagné en réunion. Nous travaillions très sérieusement, entre femmes, lorsque quelque chose se mit à bruiter. Au début, je ne me sentis pas du tout concernée, mais quand cette musique étrange résonna fortement pour la plusieurième fois, je finis par me demander d’où cela venait, pour constater avec effarement que c’était « mon » portable qui se manifestait avec insistance. Non seulement il osait nous interrompre sans le moindre remord mais en plus il nous servait une suite de sons complètement inédite. Une fois la surprise passée, je ne pus rester longtemps indifférente à son appel au secours déchirant. Le pauvre objet n’arrivait pas à conserver en lui un sms qu’on venait de m’envoyer, sa mémoire étant saturée. Sans doute des signaux venus de partout et de nulle part en même temps n’arrêtaient pas de le chatouiller. Il pleurait donc pour m’en avertir, de façon à ce que je puisse agir pour que cela s’arrête. Mais le moment était mal choisi et je ne fis que le juste nécessaire pour le soulager momentanément et reprendre au plus vite ma conversation professionnelle.
Ce matin, en revanche, j’avais tout mon temps dans le bus qui m’amenait à la gare où je devais prendre un train pour Paris. Je décidais donc de faire un grand ménage en partant du sms le plus ancien et en avançant vers le plus récent. Mon téléphone a beau ne pas être dernier cri, sa capacité de stockage n’est pas non plus ridicule. Commença donc un voyage dans le temps qui me transporta dans une autre vie. Tatatan !
En lisant les messages reçus depuis une quinzaine de mois, je me suis rappelée ce que j’ai entendu l’autre jour à la radio. Quelqu’un remarquait avec regret la disparition progressive de la correspondance épistolaire dans les dernières décennies et se demandait à qui la faute : à Internet, au téléphone portable, aux sms ? Ma lecture matinale me fit comprendre à quel point nos sms sont un reflet particulier de ce qui se passe à un instant T dans notre vie. La liste des destinataires que je vis défiler et le ton des messages reçus étaient tout à fait « parlants ». Le sms étant un tout petit message écrit rapidement, avec beaucoup de spontanéité, il est prévu pour atteindre sa cible rapidement et ne pas forcément être conservé. Cela ressemble beaucoup à la parole. J’avoue ne pas avoir réussi à en effacer certains, trop révélateurs des relations qui m’unissaient à l’époque à des gens dont certains ont pratiquement disparu de ma vie depuis. Je suis arrivée à la gare bien avant d’avoir atteint le mois de mars 2011. Il faudra donc que je reprenne ce ménage un autre jour, mais je sais maintenant que cette opération de nettoyage est tout sauf anodine. Ce genre de voyage dans le temps ne pouvant qu’influer sur mon état d’esprit, je veillerai à ne le consommer dorénavant qu’avec beaucoup de modération…

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A propos auxecrires

Femme, mère de 2 enfants, quadra, habitant en région parisienne...
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