Je relis ! (1er épisode)

Les expressions idiomatiquesOn m’a fait un joli cadeau. Un petit cadeau, comme ça, sans raison. Juste parce qu’on a pensé à moi en passant devant et qu’on l’a acheté pour me l’offrir. Car « on » sait que je m’intéresse aux expressions et à leur traduction… « On » m’en a même appris une dernièrement : « il pleut des armes du moyen âge comportant un fer de hache et éventuellement une ou plusieurs pointes ». Vous connaissez ? 🙂
Ce petit livre que je reçus fut une vraie surprise qui me fit drôlement plaisir ! Non seulement j’ai appris des tas de choses en le lisant mais surtout je me suis amusée car l’auteur a vraiment beaucoup d’humour.
L’ouvrage commence par une première partie théorique écrite de façon simple, drôle et qui se lit très facilement. Cela m’a étonnée d’y lire qu’il existe des « gallicismes » en français. En fait, je ne connaissais que les gallicismes qu’on peut faire lorsqu’on est en train de parler en espagnol par exemple. Au Lycée Français de Montevideo, nous passions notre temps à faire plutôt des « hispanismes », au grand dam de nos pauvres professeurs venus de France qui apprenaient très vite après avoir mis pied à terre que lorsque nous accusions quelqu’un de nous avoir « pissé » nous voulions en fait dire qu’il nous avait « écrasé le pied avec son pied ». Alors pour moi faire un gallicisme c’était faire le contraire d’un hispanisme, c’est-à-dire utiliser dans une autre langue un mot ou une tournure français en les modifiant pour qu’ils ressemblent à des mots de cette autre langue. Ce que je fais d’ailleurs régulièrement maintenant lorsque je parle en espagnol !
Wikipédia donne une définition bien plus élégante de « gallicisme ». Avec, en prime, le deuxième sens qui m’était inconnu jusqu’à la lecture de l’ouvrage : gallicisme comme synonyme d’idiotisme français !
Dans une deuxième partie, l’auteur nous propose une sélection d’expressions françaises avec leurs équivalents dans plusieurs autres langues. Six types d’expressions y sont représentés, en fonction de ce qu’elles mettent en scène : animaux, parties du corps, chiffres, objets / choses, nature ou activités humaines.
J’ai ainsi pu confronter ma culture expressionistique avec celle de mon fils l’autre jour, pendant que nous attendions notre tour dans la salle d’attente du médecin qui allait nous dire qu’il avait la grippe… Pour constater que mon petit Français de France n’a pas forcément appris plus d’expressions en quatorze ans que moi en vingt ans d’exil. Car je suis presque sûre que malgré mon 14/20 à l’épreuve de français au bac (à l’oral comme à l’écrit, oui oui) je n’en connaissais presque pas avant mon arrivée dans l’hexagone. Et ce qui est amusant c’est que lui et moi nous n’en connaissons pas forcément les mêmes ! Différence d’âge oblige probablement.
Toujours dans cette partie centrale du livre, nous avons ensuite regardé les expressions équivalentes, surtout en espagnol, et j’ai constaté qu’il y en a plein qui ne me disent rien du tout. Ce sont sans doute des expressions en espagnol d’Espagne, pas ou peu utilisées dans les latitudes où je vis le jour. D’où l’envie qui m’est venue de proposer de nouvelles équivalences. Mon prochain voyage sera l’occasion rêvée pour rafraîchir ma mémoire et faire le plein d’expressions de mon coin. Car j’ai dû oublier autant d’expressions en espagnol que j’en ai apprises en français durant tout ce temps.
Quant à la dernière partie de l’ouvrage, elle est conçue comme un jeu : il s’agit de retrouver le sens d’expressions étrangères à partir de leur traduction littérale en français. Là, pour le coup, c’est un peu difficile pour moi. Par exemple : comment pourrais-je deviner qu’en anglais « laisser tranquilles les chiens qui dorment » équivaut en français à « ne pas réveiller le chat qui dort » alors que je n’utilise jamais cette expression puisque je me contente habituellement, peut-être à tort, de ne pas jeter de l’huile sur le feu ? Et même si je sais très bien ce que veut dire « payer le canard » en espagnol, j’ai du mal à l’associer spontanément à mon tout aussi bien connu « porter le chapeau » français. Mais qu’importe ? Puisqu’on peut lire les solutions !
Ce livre arrive à point nommé, au moment où je me remets à lire après une période d’écriture presqu’exclusive. Il risque de m’accompagner dans mes balades pendant un bon moment comme passager de mon sac à main. Sa petite taille le permet et ce n’est pas le genre d’ouvrage qu’on lit d’un bout à l’autre sans interruption. Il est fait pour qu’on picore, en sautant du coq à l’âne et d’une langue à l’autre, au rythme de nos envies.
Un grand merci à « on » donc, pour ce cadeau que je m’appliquerai à consommer sans modération !

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A propos auxecrires

Femme, mère de 2 enfants, quadra, habitant en région parisienne...
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5 commentaires pour Je relis ! (1er épisode)

  1. lacalame dit :

    « On » t’en prie et se ravit que ce petit volume prenne une telle ampleur à être si bien utilisé !! On se réjouit de son choix et s’autocongratule, mais on se réjouit encore davantage de pouvoir partager de futures discussions passionnées sur ce sujet avec toi !! 😉

    • auxecrires dit :

      Damn it! (private joke :-)) « On » a été démasquée !
      Remarque, ça ne m’étonne pas qu’on assume. On aurait d’ailleurs eu tort de s’en priver !
      J’attends nos futures discussions passionnées avec impatience. Dommage qu’on ne puisse pas déjeuner ensemble demain ! 😉

      • lacalame dit :

        On aura d’autant plus de choses à se raconter la fois suivante… Moi aussi je lis du passionnant, captivant, prenant en ce moment, je t’en ferai part. Et l’amie qui me l’a recommandé m’a annoncé qu’elle en avait pleuré… eeek j’attends ce moment avec angoisse car si je suis une vraie fontaine (Wallace) au ciné, beaucoup moins dans un livre. A suivre ! Et puis on déjeune vendredi 😉 beso

  2. Calame dit :

    Les expressions nous rattrapent ! Alors que je lisais cet ouvrage espagnol pour ado, voilà que je tombe sur une phrase « conozco el jardin como la palma de mi mano », ce qui se traduit en français par « je connais le jardin sur le bout des doigts » ou encore « les yeux fermés ». Pourquoi les Espagnols attribuent-ils la connaissance la plus précise et profonde à la paume de la main plutôt que nous au bout des doigts ? Mystère… Reste la symbolique de cette main qui nous guide, toujours.

  3. auxecrires dit :

    C’est vrai, tu as raison ! La palma de mi mano… Je ne suis pourtant pas sûre de la connaître si bien. Je me demande si les gens regardaient plus leur mains avant ? En espagnol on pourrait dire que l’expression fait appel à la vision, alors qu’en français plus au toucher. Il y a aussi connaitre « par cœur », qui se traduit par : « de memoria ». Et là ça ne fait pas appel à aucun sens mais à d’autres parties du corps (si on se dit que la mémoire renvoie au cerveau).
    C’est drôle aussi « par cœur », non ?

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