En pleine cure de désintoxication

cureDimanche dernier, après le tai chi, je rentrais à la maison d’assez bonne humeur. Au moment où j’appuie sur le bip pour ouvrir le portail, je vois arriver une de mes voisines. Alors, au lieu d’avancer vers le parking, je baisse la vitre de la voiture et je lui souhaite la bonne année. On se met à parler de choses et d’autres et on tombe mille fois d’accord. Il y a des gens comme ça, avec qui on a un très bon feeling et c’est un réel plaisir d’échanger avec eux de temps en temps.
Ayant connu l’asthme toutes les deux, nous en sommes venues à parler des méfaits de la cigarette. Nous évoquâmes le temps où les fumeurs faisaient la loi. Mais les choses ont bien changé ! Enfin… Mon fils me disait l’autre jour qu’environ la moitié de ses camarades fume. C’est encore beaucoup ! Et la plupart ont déjà essayé au moins une fois. Pauvres petits corps adolescents, malmenés en pleine croissance ! Quant à lui, il semble avoir fait le même choix que moi à son âge : non fumeur et fier de l’être.
– La clope, je n’y touche pas ! N’insiste pas, c’est non !
Je ne suis pas peu fière de le voir agir de la sorte. Car je sais que ne pas faire « comme tout le monde » c’est toujours un peu inconfortable. Lorsqu’on choisit de ne pas fumer, ça aide de se dire qu’il est plus intelligent de ne pas se faire du mal rien que pour faire l’intéressant. Peut-être ai-je réussi, au cours des conversations que nous avons pu avoir sur le sujet en famille, à lui faire entendre ce point de vue.
Pourtant, ce matin, en marchant vers ma voiture dans le parking, je me suis rendue compte que j’étais comme en sevrage tabagique. Les fumeurs se marreront. Mais, non. Ce n’est pas drôle. Ne dites-vous pas que cela vous procure du plaisir de fumer ? N’est-ce pas délicieux une petite clope avec son café à la fin du repas ? Bien sûr, ce n’est bon ni pour les poumons, ni pour la voix, ni pour le souffle… Mais on ne s’en rend vraiment compte qu’une fois qu’on est devenu accroc.
Et si c’est vrai que je n’ai jamais goutté à une cigarette, je ne peux pas dire que je ne l’ai pas goûté, Lui. S’il pouvait être aussi délicieux avant qu’après le repas, aujourd’hui il est aussi mauvais pour moi que la pire des drogues. Toute la difficulté est là : il n’est pas toujours facile de se concentrer sur les effets nocifs d’une récidive en évitant soigneusement de penser au plaisir que pourrait procurer le partage d’un bon moment ensemble. Mais cela permet d’apprécier le tout de façon plus objective.
Si d’aventure il m’arrivait de repenser à lui – les chances sont grandes malheureusement – je m’efforcerai de le voir tel qu’il m’est apparu ce matin : comme une méchante petite clope ! Et d’ailleurs, je ne l’appellerai plus que comme ça. Oublié son prénom, que j’efface solennellement à jamais de mon vocabulaire !
C’est idiot mais ça m’a fait du bien de passer d’un problème de cœur à une maladie du poumon. Je me sens en terrain connu : je sais résister à quelque chose qui peut faire plaisir mais qui est mauvais. Associer « ma petite clope » à tellement de choses négatives devrait m’aider à résister à la tentation.
Vive l’air pur ! Vive la loi Evin !

Publicités

A propos auxecrires

Femme, mère de 2 enfants, quadra, habitant en région parisienne...
Cet article, publié dans autobiografia, en français, opinion, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s